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 Les derniers fauves du Reich (schwere Panzer Abteilung 507)

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lazarus
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MessageSujet: Les derniers fauves du Reich (schwere Panzer Abteilung 507)   Mar 30 Jan - 2:04

L’offensive des Ardennes a vu la mise en ligne de 250 000 soldats allemands face à une supériorité numérique écrasante des Alliés. Hitler pensait pouvoir obtenir la victoire en attaquant la charnière des troupes américaines et britanniques.

Il disposait de 28 divisions plus ou moins complètes, avec des soldats souvent novices ou trop âgés. En face, les américains à eux seuls alignaient 30 divisions complètes motorisées, appuyées par une formidable artillerie, et d’une suprématie aérienne quasi-totale. Si les pertes infligées aux Alliés ont été sévères, elles sont cependant de moindre conséquence que celles subies par les Allemands. Les réserves en hommes sont épuisées et le nombre de recrues mobilisées dans les tranches d’âge les plus basses ou les plus élevées s’accroît de jour en jour. Quelques 500 Panzers sont perdus durant la bataille des Ardennes (et 761 sur le front de l’Est en novembre et décembre 1944), contre les 800 à 900 chars perdus par les Américains (1 700 selon les chiffres allemands), et la production allemande est incapable de compenser de telles pertes.

 L’offensive est-elle la meilleure défense ?

Encore une fois, le désir du Führer de mener de vastes offensives ne contribue qu’à affaiblir l’Allemagne. La perte de 90 000 soldats – tués, blessés ou disparus – dans les Ardennes ne permet plus de disposer à l’ouest que de 470 000 hommes, dont la plupart sont des gamins ou des vieillards inexpérimentés. Les Alliés alignent au même moment 3 700 000 hommes, sept fois plus de soldats bien équipés et entraînés.

En ce début d’année 1945, le Reich n’a plus aucune chance ni à l’ouest ni à l’est. Contrairement aux idées reçues, certaines unités ne disposent ni de Panzerfaust, ni de mitrailleuses, ni même parfois d’uniformes complets. Désespérées, elles continuent pourtant de faire leur devoir (les cours martiales allemandes n’accordent aucun pardon…), même si ce courage est parfois qualifié aujourd’hui de fanatisme. Cependant, quelques unités de chars lourds appuient encore ces derniers combattants.

 Les combats dans le Harz

Le schwere Panzer Abteilung 507 commence son entraînement sur char Tigre II à la mi-mars 1945. Son chef, le major Fritz Schöck, procède au rééquipement des 2e et 3e compagnies, la 1ère se trouvant encore sur le front de l’Est. La 2e compagnie du Leutnant Pfeuffer reçoit sept Tigres II et trois Jagdpanther, et la 3e compagnie de l’Oberleunant Koltermann, 15 Tigres II.

Le 29 mars, l’unité est mise en état d’alerte à Sennelager et placée sous le commandement de la SS-Panzerbrigade « Westfallen ». Cette Panzerbrigade, comme son nom ne l’indique pas, ne possède aucun char et manque en outre d’armes collectives (mortiers et mitrailleuses). Son personnel est en partie issue des Hitlerjugend, et donc très jeune.

Le 30 mars, les Tigres sont engagés contre la 3rd US Armored Division dans le secteur de Kirchborchen. Le groupe de combat Richardson perd en quelques instants 18 blindés et une cinquantaine de tués sous les coups de la 2e compagnie du s.PzAbt.507. Dans un autre secteur, la 3e compagnie met hors de combat plusieurs chars américains sans aucune perte à déplorer de son côté. Dans l’après-midi, cinq autres Sherman sont détruits devant Hamborn sur la route de Paderborn – Kassel. Les troupes américaines tentent alors de contourner les Allemands, mais là aussi subissent un échec, perdant plusieurs blindés. Les survivants se retirent sous le feu des Tigres de l’Oberfeldwebel Breitfeld. La série noire continue pour les Américains, puisque le Général Major Maurice Rose est abattu alors qu’il refuse de se rendre à un commandant de Tigre : il aurait commis l’erreur de confondre le Tigre II avec un Pershing !

 Défaites américaines

Le 31 mars 1945, quatre Tigres et quatre Jadgtiger du sPzAbt.507 découvrent l’avance des troupes américaines depuis le mont Haxter.

Alors que les Jadgtiger tirent dans la masse des GI’s, les Tigres s’avancent vers le groupe adverse en faisant feu eux aussi de toutes leurs armes. Un Sherman est repéré et immédiatement détruit par le Tigre du Stabsfeldwebel Voss, qui lui arrache sa tourelle. Les quatre Tigres couvets par les Jadgtiger pénètre alors dans le bois et tombent sur un premier rassemblement de troupes américaines. Ici divergent les témoignages : selon certains, il s’agit d’une ruse, mais on voit mal les Américains sacrifier ainsi leurs hommes pour piéger des chars dont ils ne supposaient même pas la présence. Selon d’autres sources, la rencontre n’est due qu’au hasard. Le compte-rendu de la bataille reste confus, de un à trois Tigres auraient été détruits, non sans infliger des pertes sévères à l’ennemi, et un deuxième groupe de blindés américains serait intervenu. Quoiqu’il en soit, les survivants se replient vers la hauteur toujours tenue par les Jadgtiger.

Il semble que la mort du général Rose et les lourdes pertes contre les Tigres aient exacerbé le désir de vengeance des Américains, dont certains, appartenant à la 3rd Arm.Div., auraient exécuté des prisonniers dans le secteur de Kirchborchen et de Dörenhagen.

 La fin du sPzAbt.507

Après les succès initiaux, l’unité engagée par petits groupes s’effrite sous la poussée américaine. Du 2 au 6 avril, elle ne perd pas moins de 10 Tigres sur les 18 dont elle disposait encore, qu’ils soient détruits par des chars ou des avions, endommagés puis sabordés… Le 6 avril, au cours des combats pour Erkeln, quatre Tigres appuient une centaine de soldats de la Waffen-SS et de la Heer : quatre fois l’ennemi tente de briser les défenses allemandes, quatre fois il est repoussé en laissant 75 hommes sur le terrain. Après avoir « allumé » plusieurs Sherman, le Jagdpanther du Feldwebel Schreiber est abandonné, le train de roulement déchiqueté.

Le 7 avril, un Tigre de la 3e compagnie couvre la retraite allemande sur la rive ouest de la Weser, à Ottbergen. Sous le commandement du sous-officier Krestan, ce char est pris sous un déluge d’artillerie. Le moteur est endommagé, et le Tigre est abandonné non sans avoir tiré un dernier obus sur les chars américains approchant à 100 mètres de distance. Le Sherman est détruit, et un deuxième char s’enflamme, touché par un Panzerfaust d’un jeune Hitlerjugend. Le Tigre est sabordé, et l’équipage est ramené vers l’arrière par un véhicule de dépannage, arrivé trop tard sur les lieux.

Ce jour même, un Tigre est en position sur la rive Est de la Weser, dans la partie nord de Karlshafen, avec pour mission de soutenir une faible compagnie d’infanterie. Au cours de l’après-midi, une colonne de blindés américains s’approche depuis Westfalentor en direction de Karlshafen. En deux coups, le Tigre détruit le premier et le dernier véhicule de la colonne, qui lui présente alors son flanc : l’un après l’autre, les blindés bloqués sur la route sont anéantis. Selon les témoignages, de 7 à 17 chars américains auraient été détruits.

 Les fauves redoutent le feu

Les 8 et 9 avril marquent la fin du sPzAbt.507 : assurant la protection de la faible compagnie Niermann, prise sous le feu des chars américains du groupe Richardson, quatre Tigre II, accompagnés de trois Jagdtiger du schwere Panzer-Jäger-Abteilung 512, repoussent l’attaque en infligeant de lourdes pertes à l’ennemi. L’artillerie américaine intervient alors, et les Allemands se regroupent sur Parensen. Le 9 avril, les sept engins tentent une contre attaque, mais ils sont accueillis par 30 chars, de l’artillerie et des chasseurs bombardiers. Les Américains tirent avec des obus au phosphore et sont bien décidés à ne pas abandonner la localité de Harste.

Bientôt, les quatre Tigres sont en flammes, ainsi que le Jagdtiger du Feldwebel Franke. Un des Tigre sera pourtant remorqué avec succès par un Bergepanzer. Après ces combats, l’unité ne dispose plus que de deux Tigres II et se replie sur Göttingen. Les deux Jagdtiger (Feldwebel Arnold et Becker) rescapés de la 3e compagnie du sPzAbt.512 prennent position au nord d’Osterode, et surprennent deux compagnies du Tank Bataillon Kane qui s’approche de Dorste. La tourelle du premier Sherman est arrachée par le premier obus tiré, et deux autres Sherman subissent le même sort avant que les Américains ne se replient en tirant sur le Jagdtiger d’Arnold, qui encaisse bien les coups jusqu’à ce qu’un éclat bloque le système de recul du canon. Un 4e Sherman est détruit par un Panzerfaust. Pendant que le chasseur de char endommagé retourne vers l’arrière pour réparer ses avaries, l’autre Jagdtiger se place à 400 mètres de Beierfelde, mais il est repéré par des chars américains qui le détruisent par deux coups au but dans le flanc.

Le 11 avril, le Jagdtiger d’Arnold est réparé et il assure la défense de la route 242, repoussant les pointes ennemies venant de Clausthal. Un violent barrage d’artillerie endommage une chenille du Jagdtiger, qui va s’immobiliser dans un bois proche : en l’absence de charges de démolition Z85, l’engin est abandonné intact, et les six hommes d’équipage s’échappent.

 Abandon et reddition

Le 11 avril voit aussi l’abandon par son équipage du dernier Tigre, pour ennuis mécanique. Les rescapés du sPzAbt.507 sont envoyés sans matériel vers le front de l’Est. Le 16 avril, la 1re compagnie du sPzJgAbt.512, avec ses six derniers Jagdtiger, capitule en bon ordre à Iserlhon. Les négociations eurent lieu entre l’Oberleutnant Ernst et le commandant de la 99th US Inf. Div., la scène fut filmée et photographiée au moment de la rencontre, sur la grande place de la ville, avec le colonel Weiss du 349th Inf. Rgt. Ainsi s’achevait l’épopée guerrière des derniers Tigres sur le front occidental.
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