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 Opération Typhon

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lazarus
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MessageSujet: Opération Typhon   Sam 27 Jan - 4:07

La bataille pour Moscou


En octobre 1941, quand les allemands lancent l’opération Typhon vers la capitale soviétique, la victoire finale à l’Est semble à portée des panzer. Mais la défense soviétique se raidit et le terrible hiver russe s’abat sur la Wehrmacht mal préparée. Et début décembre, alors que les forces allemandes sont épuisées, la contre-offensive soviétique frappe avec force.

Le 21 août 1941, Hitler déclare à ses généraux : « L’objectif primordial à atteindre est non pas la prise de Moscou mais, au sud, de nous emparer de la Crimée, du bassin minier et industriel du Donetz et des gisements pétrolifères du Caucase. Au nord d’investir Léningrad et d’opérer la jonction avec les finlandais. » Pourtant, trois mois plus tard, le 22 novembre, il déclare à Jodl alors que ses armées approchent du Kremlin : « encore une foulée et ce sera le triomphe. »

Ces deux déclarations résument les choix stratégiques de l’OKH fin 1941. C’est-à-dire, dans un premier temps, l’arrêt de l’offensive vers Moscou au mois d’août au profit de la poussée du groupe d’armées Nord vers Léningrad et de la bataille d’encerclement à Kiev en septembre. Plus à partir d’octobre, une offensive vers la capitale qui se transforme en une attaque désespérée fin novembre.

Revirement stratégique

Ainsi, après avoir utilisé un temps précieux pour faire le siège de Léningrad et encercler les armées soviétiques au sud, Hitler revint à l’objectif que ses généraux comme Bock ou Guderian considéraient comme prioritaire dès le mois d’août, alors que Smolensk, distante de 300 km de la capitale, était tombée le 16 juillet.
Car, au-delà du caractère symbolique de cette ville, Moscou est un nœud de communication vital pour l’armée rouge. Sa chute aurait provoquée un effondrement moral ou un affaiblissement politique de Staline assez important pour être décisif.

« Un coup de pied dans la porte et tout cet édifice pourri s’écroulera » déclare Hitler au sujet de l’URSS. Il n’a trouvé de porte ni au sud, ni au nord : elle doit donc être au Kremlin.

La chevauchée continue

L’opération Typhon débute le 2 octobre 1941 pour l’ensemble du groupe d’armées Centre. Cette force compte 47 divisions d’infanterie, 8 divisions motorisées et 14 divisions blindées, soit près d’un million d’hommes, 19 000 pièces d’artillerie et environ 1 500 chars (les Panzer Division n’étant plus qu’à 50% de leur dotation). Face à eux, 14 armées soviétiques, soit 63 divisions d’infanterie, 15 de cavalerie et 9 blindées, pour un total d’environ 900 000 hommes et 770 chars.

Le début de l’offensive est à l’image des combats de l’été, où l’armée rouge est complètement débordée par les percées blindées allemandes. Au sud, les chars de Guderian progressent de 150 km en 48 heures. La progression du Panzergruppe Guderian est déjà de 200 km derrière les lignes russes. La pince se referme sur les 3e, 12e et 50e armées russes dans la poche de Bryansk.

Au centre et au nord du dispositif, les Panzergruppe 3 et 4 font de même et encercle les 19e, 20e, 24e et 32e armées dans la poche de Viazma. Une victoire de l’envergure de celle de Kiev est en train de se rééditer. Vers le 17 octobre, plus de 500 000 prisonniers sont capturés dans ces deux poches. La victoire semble plus proche que jamais pour les allemands. Kalinine, à 150 km de Moscou, tombe le 14 octobre.

L’ombre de la défaite sur Moscou

A partir du 1er octobre, des troubles se manifestent parmi la population moscovite et l’on voit des personnes quitter leur travail ou même la ville. Le 20 octobre, l’état de siège est proclamé et 500 000 personnes sont réquisitionnées pour participer à la construction de positions fortifiées. Alors que certains éléments du gouvernement ont quitté la ville pour s’installer à Kouïbychev, à 800 km, Staline – dont des rumeurs annoncent l’arrestation par le NKVD- reste.

Le nouveau commandant du front ouest, Joukov, ne dispose à cette période que de 14 divisions d’infanterie et 16 brigades blindées pour reconstituer une ligne défensive entre les éléments blindés allemands et Moscou.

Octobre, la trêve de la boue

La pugnacité des unités soviétiques, y compris dans les poches de Viazma et de Bryansk, use et ralentit la progression du gros des forces allemandes. A cela vient s’ajouter, à partir de fin octobre, la boue qui freine considérablement l’avance allemande. Le réseau routier en URSS est très peu dense et même « l’autoroute » Moscou Minsk n’est plus qu’un bourbier. Certains jours, tout mouvement coordonné devient impossible, alors que les arrières se peuplent de partisans formés à partir des armées encerclées.

Fin octobre, le front se stabilise de fait et chacun reconstitue ses forces. Les renforts venus des garnisons sibériennes (une vingtaine de divisions au total) que Staline informé par l’espion Sorge des intentions japonaises, a décidé de ramener à l’ouest, permettent de reformer des réserves. Le 7 novembre, les troupes soviétiques défilent sur la Place Rouge avant de partir pour le front.

Du côté allemand, la conférence d’Orsha du 13 novembre permet de poser les bases de l’ultime attaque visant à conclure la campagne alors que le gel a rendu le terrain plus praticable. Halder, envoyé par Hitler, entend les avis des chefs de groupes d’armées Nord et Sud qui préconisent de prendre les quartiers d’hiver. Au groupe d’armée Centre, sans doute sous l’impulsion ambitieuse de son chef von Bock que les difficultés de la boue n’ont pas refroidi, l’avis est plutôt en faveur d’une reprise de l’attaque vers la capitale, distante de 100 km. Ces débats ont lieu alors qu’aucun équipement d’hivers n’est encore été livré. Pourtant le 12 novembre, la température atteint déjà -12°C. Il est donc finalement décidé de lancer une première offensive. Le but est d’encercler Moscou, en attaquant sur les ailes avec au sud Guderian, et au nord Reinhardt et Hoeppner. Bien qu’ayant pu récupérer certains renforts pendant la « trêve de la boue », les divisions d’infanterie allemandes sont à 80% de leur effectif et les unités blindées encore à 50%. Il reste environ 900 000 hommes au groupe d’armée Centre.

Du côté russe, les renforts se font plus nombreux et si l’armée rouge est encore inférieure en hommes, elle compte déjà plus d’avions dans le secteur que l’Axe. L’état-major russe anticipe la manœuvre de double enveloppement et renforce ses ailes. De plus, Joukov tient volontairement en réserve des unités à l’est de Moscou pour préparer son contre.

Les allemands sont alors convaincus que la victoire est proche : « Bientôt l’anneau sera bouclé. Alors nous occuperons de luxueux logis d’hiver et je t’enverrai de si beaux cadeaux de Moscou que la tante Mini en crèvera de jalousie. » (lettre du SS Ximan à sa femme le 3 décembre 1941).

La poussée finale

Le 16 novembre, ce sont aux soviétiques, sous l’impulsion de Staline qui l’impose à ses généraux, de lancer une contre-offensive partielle à Volokolamsk, mais celle-ci est rapidement repoussée.

Le lendemain, les groupements blindés allemands partent à l’attaque. Au sud, l’offensive de Guderian ne parvient pas à capturer Tula et les divisions du Panzergruppe 2 ne réussissent pas à percer de manière décisive. Le 24 novembre, Guderian, n’étant toujours pas parvenu à neutraliser le verrou de Tula, stoppe son offensive. Pire, la 112e division d’infanterie craque sous l’attaque d’unités blindées soviétiques équipées de T - 34. C’est une des premières déroutes de la Wehrmacht.

Alors qu’au centre, la 4e armée reste l’arme au pied, au nord du dispositif, les Panzergruppe 3 et 4 finissent par repousser, après de durs combats, les 16e et 30e armées soviétiques au nord. Solnechnogorsk et Klin tombent le 24 novembre. Les russes tentent des contre attaques infructueuses pour reprendre ces villes. Le 25, la division SS Das Reich approche d’Istra qui tombe le lendemain. Le Kremlin n’est plus qu’à une trentaine de kilomètres. La pince sud s’étant brisée, les derniers espoirs de prendre Moscou reposent maintenant sur la pince nord, qui va se rabattre directement vers la ville.

Toutefois, la passivité de von Kluge et de sa 4e armée au centre ne permet pas de fixer assez d’unités russes, qui en profitent pour se reporter plus au nord. Le parallèle avec la bataille de la Marne est saisissant puisque, ici aussi, tout près du but et alors que l’ennemi vacille, le manque de coordination des généraux allemands hypothèque la victoire.

Malgré tout, le 29 novembre, la 7e Panzer Division pousse jusqu’au canal Moscou Volga et s’empare de Yakroma en établissant une tête de pont. Le débordement de Moscou par le nord restant impossible, les derniers efforts portent vers Krasnaïa Poliana que la 2e Panzer Division atteint le 2 décembre, à moins de 20 km de la capitale.

Dans le secteur d’Istra, la progression s’est ralentie mais, sur la droite, la 4e armée finit par attaquer le 1er décembre face à un front russe relativement dégarni. Elle progresse jusqu’à Bourzevo le 2 décembre. Le même jour, une avant-garde atteint Khimki. La Wehrmacht n’ira pas plus loin.

La température tombe en dessous de -25°C à cette époque et les véhicules allemands n’ont toujours pas de lubrifiants d’hiver. Les moteurs tournent plus longtemps pour ne pas risquer le gel. Les soldats s’équipent comme ils le peuvent et les bottes de fortune fourrées à la paille gênent la marche.

« J’aperçois un panneau : Moscou 18,5 km. Nous ne réussirons pas à avancer même d’un kilomètre, la résistance russe est trop forte. » (G. von Schrodeck, sous-officier à la 11e Panzer Division, le 2 décembre).

Le contre soviétique

Von Bock a compris lui aussi et réclame l’arrêt de l’offensive. Du fond de la Prusse orientale, Halder lui répond : « la meilleure défense est de s’en tenir à l’attaque ! ». Le haut commandement allemand voit les unités se rapprocher sur la carte et ignore que le pire est à venir. Le 5 décembre, il fait -38°C. Le lendemain, Joukov attaque sur 320 km de front avec des réserves fraîches.

Les allemands sont rapidement bousculés et, le 7 décembre, les russes approchent de Klin. La 1e Panzer Division est encerclée (c’est la première fois de la guerre) dans la ville le 8, mais réussit à percer pour se dégager et Klin tombe le 15. Solnetchnogorsk est reprise le 11 ainsi qu’Istra.

La première offensive d’hiver soviétique vient de débuter. Elle se terminera en février sans avoir réussi à briser le groupe d’armée Centre qui échappera de justesse à l’encerclement. Joukov a bien utilisé ses réserves et réussi à surprendre les allemands. Le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht est brisé.

La guerre sur deux fronts débute, d’autant que le 11 décembre, Hitler déclare la guerre aux Etat-Unis. En quelques jours, l’Allemagne est passée d’une possibilité de victoire totale à sa première défaite, face à des alliés plus nombreux et plus confiants. Cette défaite montre aussi que la griserie des victoires passées a commencé à déconnecter le haut commandement allemand des réalités. Le 15 décembre, les équipements d’hiver ne sont toujours pas livrés et, les jours suivants, le matériel mettra plus de temps à arriver car les cheminots demandent une pause pour Noël ! Dans les esprits comme dans son économie, l’Allemagne n’est pas encore en économie de guerre. Il faudra le désastre encore plus grand de Stalingrad, là aussi imputable à de graves erreurs stratégiques, pour que le Reich se place enfin en situation de guerre totale.
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math
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MessageSujet: Re: Opération Typhon   Sam 27 Jan - 4:13

meric pour ces renseignement lazarus cheers
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Erwin von Botryche
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MessageSujet: Re: Opération Typhon   Dim 28 Jan - 13:17

Super, tout et très Précis, ça donne envie de lire Wink
Continue Smile

Generalfeldmarschall, Erwin von Botryche
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Willy360
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MessageSujet: Re: Opération Typhon   Jeu 3 Mai - 5:21

Belle recherche
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pierrot
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MessageSujet: Re: Opération Typhon   Sam 5 Mai - 5:38

Merci pour ce trèèèès long texte mais pourrais-tu joindre des photos pour que l'on comprenne mieux? Wink a+
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MessageSujet: Re: Opération Typhon   

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